Restauration de prairies moyennement dégradées

Beaucoup de prairies de fauche se sont vues dégradées à cause du pâturage ou de l'amendement d’engrais chimiques. Afin de rétablir l’intérêt botanique de ces prairies, plusieurs techniques de restauration pourront être utilisées. Elles doivent permettre de résoudre trois problèmes principaux :

La fauche tardive permet à la majorité des espèces d'effectuer tout leur cycle et ainsi de produire des graines.

1) Permettre à la diversité botanique de s'exprimer


La précocité des coupes et la fréquence de celles-ci, engendrées par le pâturage ou par les nouvelles techniques de fauche, empêche les espèces végétales de boucler leur cycle de reproduction et donc de se maintenir.

La fauche tardive suivie d’une seconde fauche ou d’un pâturage extensif au regain est une gestion permettant de maintenir ces habitats en bon état de conservation. La gestion du milieu par fauche tardive est donc la première étape dans la restauration des habitats ciblés.

 

Le rhinanthe est une petite plante qui parasite les graminées. En les rendant moins vigoureuses, elle permet à la diversité floristique de s'exprimer. (Photo Christian Xhardez)

2) Diminuer la richesse du sol

La richesse du sol en azote et phosphore suite aux amendements d’engrais chimiques ou organiques a pour conséquence d’accroître la compétitivité des graminées sur les dicotylées. Rappelons-nous que plus une prairie est riche en azote et phosphore plus elle est pauvre en diversité botanique. A priori, nous n’entreprendrons pas de restaurations biologiques dans des prairies trop riches en azote ou en phosphore. 

La fauche couplée à l'exportation du foin permet de diminuer les quantités d'azote du sol. Cette technique devrait nous permettre de restaurer les prairies n'ayant pas subi une trop forte fertilisation. Ce processus est cependant très lent et n'est pas efficace pour diminuer la richesse en phosphore du sol. En cas de prairies plus dégradées, nous envisagerons dans certains cas un labour profond afin d’enfouir les couches les plus riches en éléments nutritifs avant de réensemencer la prairie avec des écotypes locaux. Nous pourrions également envisager une année ou deux de culture de céréales sur des prairies ne présentant plus aucun intérêt botanique, afin de puiser l’azote et le phosphore dans le sol. Enfin, l’ensemencement de Rhinanthus minor, espèce typique des prairies maigres, sera également envisagé pour parasiter les graminées au développement trop important. 

Épandage de foins sur une ancienne pessière déboisée et gyrobroyée (Photo : Alexander Rauw)

3) Favoriser le retour des plantes disparues de la prairie

L’absence de semences de fleurs dans la banque de graines de la prairie ou l’absence de prairies typiques dans un environnement proche rend impossible sa recolonisation progressive.

Les techniques de restauration consisteront à amener les semences des espèces typiques des habitats à restaurer soit par sursemis direct grâce à un mélange d’écotypes locaux achetés dans le commerce, soit par épandage de foin provenant d’une prairie de haute valeur biologique à proximité. Afin d’assurer la levée des plantes à fleurs, nous tenterons de déprimer le couvert herbacé existant et créer des espaces de sol nu avant le sursemis ou l’épandage de foin par un léger hersage de la prairie ou encore par un pâturage intensif. Le repiquage de certaines plantes ou de certains bulbes pourra également être réalisé. Une dernière méthode consiste à prélever des mottes entières («greffons») dans des prairies fleuries menacées par l’urbanisation par exemple. Il suffit de les réimplanter dans la prairie à restaurer.

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